Faux​-​Semblants

by Projet Opuscules

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  • Compact Disc (CD) + Digital Album

    Premier album d'Opuscules, 10 titres, incluant un livret illustré de 24 pages avec paroles des chansons. Durée totale : 43'43.

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1.
C'est devenu l'attraction du village, Une grande maison, une belle voiture Accompagnée d'un joli visage. Certains disent qu'elle possède un portefeuille bien garni D'autres que c'est sûrement la moitié de celui d'un ancien mari On l'a vue recevoir des oeuvres d'art et un piano à queue, De pleines caisses de champagne et de spiritueux Tous s'accordent à dire que dans son nouveau logis S'entassent dans chaque pièce des produits high-tech dernier cri. C'est la loi de l'attraction universelle vers celle Qui possède un patrimoine substantiel et D'attraction en répulsion, de séduction en aversion La fascination prélude toujours à l'extorsion. Car d'Ouest en Est, Est en Ouest et d'Oslo à Cayenne, Cette antienne qui est mienne est bien la seule qui tienne : "A tout âge, en toute saison, peu importe la journée, Ce que je possède ne sied plus qu'à vous qui le convoitez" On ne la voit guère déambuler au supermarché du coin On pense qu'elle s'approvisionne au Quartier Latin. Quand elle investi le faubourg en fin de semaine, Ses voisins l'observent mais ne la voient pas très amène. Pour tous les observateurs, elle vit dans un palais doré La clôture barreaudée de son terrain rend ce lieu fortifié Leur convoitise, ils ne peuvent malheureusement la satisfaire Qu'en en forçant l'entrée ou celle des mêmes sphères. C'est la loi de l'attraction universelle vers celle Qui possède un patrimoine substantiel et D'attraction en répulsion, de séduction en aversion La fascination prélude toujours à l'extorsion. Car d'Ouest en Est, Est en Ouest et d'Oslo à Cayenne, Cette antienne qui est mienne est bien la seule qui tienne : "A tout âge, en toute saison, peu importe la journée, Ce que je possède ne sied plus qu'à vous qui le convoitez" Son mari l'a congédiée pour une nouvelle recrue C'était écrit : malgré leurs cris ils ne s'entendaient plus Lui, coutumier du demi avait pris la moitié Des fruits du travail dans lequel elle s'était réfugiée Ecumant de rage elle s'était mise au vert Une grande maison, une belle voiture, ne pas se laisser défaire, mais Malgré de nombreux proches passant la grille barreaudée Elle a toujours l'impression d'occuper une prison dorée. Car, C'est la loi de l'attraction universelle vers celle Qui possède un patrimoine substantiel et D'attraction en répulsion, de séduction en aversion La fascination prélude toujours à l'extorsion. Car d'Ouest en Est, Est en Ouest et d'Oslo à Cayenne, Cette antienne qui est mienne est bien la seule qui tienne : "A tout âge, en toute saison, peu importe la journée, Ce que je possède ne sied plus qu'à vous qui le convoitez" Puisque l'argent ne fait pas le bonheur, L’opulent avare est un vrai bienfaiteur. Aux yeux des alentours sa pingrerie importune Alors que lui ne fait qu'entretenir son infortune. A trop espionner l’autre on se détourne de soi On est ni l’un ni l’autre, presque un je-ne-sais-quoi Qui n’a qu’un auxiliaire, “avoir“ et n’a plus l’usage d’ “être“ Et ne donne plus à voir mais seulement à paraitre. C'est la loi de l'attraction universelle vers celle Qui possède un patrimoine substantiel et D'attraction en répulsion, de séduction en aversion La fascination prélude toujours à l'extorsion. Car d'Ouest en Est, Est en Ouest et d'Oslo à Cayenne, Cette antienne qui est mienne est bien la seule qui tienne : "A tout âge, en toute saison, peu importe la journée, Ce que je possède ne sied plus qu'à vous qui le convoitez"
2.
Un beau matin il est présenté en grande pompe, Evénement unique pour un parterre de figures. Elles restent éblouies par ces quelques lignes Animant et reliant, ces silhouettes miniatures. "Bonjour à tous, y’a du nouveau sur le marché, Le petit théâtre de marionnettes s’est installé Vous le verrez bientôt dans tous vos lieux de vie, Pour assister au spectacle, le ticket est gratuit" Sa stratégie pour attirer les honnêtes gens, A toujours été la même : il essaie d’être divertissant. La recette en est simple : il faut vous faire marrer Quand ça ne suffit plus, oser la vulgarité De temps en temps on vous tire quelques larmes, De joie, de peine, peu importe, tant que coule le canal lacrymal Ces émotions induites vous font baisser les armes Pour mieux vous abrutir d’un message commercial Le petit thé devant l’âtre a été supplanté Par le petit théâtre et sa lumière bleutée Le spectateur opiniâtre de ces atrocités Y succombe sans se battre, ses pupilles sont dilatées Devant le petit théâtre y’a de quoi se sustenter : Tente le diner en tête à tête avec ces têtards agités Dans l'bocal, ils sont à la fête car c’est leur tête Qui s’apprête à apparaitre dans le JT Petit à petit le spectacle de cette comédie Suscite des vocations, devient "the place to be" On y observe de plus en plus de personnages Qui feraient tout pour venir peupler les lignes du tramage Chacun y ouvre son officine Et y distille son atropine Injectant par voie oculaire Une bleue et hypnotique lumière De noir et blanc, jusqu'en couleur, de jour, de nuit, même à Noël Le petit théâtre fait fureur, ses chaines défilent en carrousel Les différents apothicaires, pointent du doigt et brassent du vent Dans la surenchère, participent de l'abrutissement Ils entrent à jardin et accourent, exposent leur sale besogne Crimes odieux et vilains tours, ont leur lot de charognes L’affreux théâtre des horreurs, lucarne sur l'infamie Trouve toujours un nouvel acteur qui exprimera la barbarie Le petit thé devant l’âtre a été supplanté Par le petit théâtre et sa lumière bleutée Les spectateurs opiniâtres de ces atrocités Les réclament à la hâte, comme autant d'opiacés Ce qui les tâte puis qui les tente, tout ce qu’ils matent puis qui les hante S’apparente à la cruauté, les épouvante pour de l'audience Ils idolâtrent leur scintillante télé insomniante tel est Leur sentimental état d’accoutumance Et chaque jour dans son castelet Le grand guignol gesticule Il te les casse tes pédicules, Toi, l’arbre qui cache la forêt ! Avec lui pas d’effets spéciaux, uniquement un effet d'annonce Car chaque discours qu’il prononce n’est qu’une fable jouée au flutiau Ne t’y trompe pas, son image d’humaniste n’est guère qu’un écran de fumiste, Il passe son temps à pavoiser au bras de sa dulcinée du ciné. Devant ce triste spectacle la plupart voudraient le déloger, mais n’ont qu’une image à japper Ils ont bien prévu de se soulever, d’un jour sortir le poing levé Mais ils ont beau hausser le ton, espérer une révolution Ces révoltés de salon sont les rois de l’acclimatation Regarde plutôt dans les coulisses Du petit théâtre et retrouve les marionnettistes Avant qu'ils n'usent de leurs ficelles, Fassent de toi leur prochain Polichinelle Tu les croiseras sur leur perchoir Dépeignant le décor en noir Leurs beaux gants blancs de suzerains Recouvrant le sang qu’ils ont sur les mains Libère-toi enfin de tes chaines Homo sapiens institutus Découvre comme elles sont anxiogènes En tentent de te manipuler par la frousse Ne les laisse pas te domestiquer Ne redoutes pas cette liberté De voir le monde, de t'impliquer Et fais péter ta TNT ! Car j’ai le PAF dans le pif, ce pornographe nocif Scénographe maladif des affres de l'intrusif Polygraphe informatif, brévigraphe du fictif Paraphe à tout tarif, c'est à s’en arracher les tifs Oui j’ai le PAF dans le pif, ce pornographe nocif Scénographe maladif des affres de l'intrusif Polygraphe informatif, brévigraphe du fictif Paraphe à tout tarif, c'est à s’en arracher les tifs
3.
Vous avez été très nombreux à ne pas me la demander Alors j’ai décidé de faire cette capsule pour tous mes abonnés Une présentation très matérialiste Des super ficelles de mon quotidien égotiste "What's on my phone" "What's on my phone" "What's on my phone" "What's on my phone" Sur mon phone y'a des coques, dans mon phone y'a des snaps Dans mes snaps y'a des cocks, qui quémandent du feedback « Send un nude, girl ! » « Let me see some booby ! » "Dévoile-toi un peu plus dans une plus longue story" En matière d’appli, J’ai toute la panoplie, La première et puis l’autre, Et les suivantes aussi Vous savez comment c’est, On télécharge tout et puis on oublie Et il arrive un jour où il faut faire le tri J’ai prévu un TAG pour la fin de semaine Une cinquième FAQ pour ma deuxième chaine J’ai reçu mon colis pour un unboxing, Je présenterai un lookbook pour les fans de gaming Sur la toile le viral est vital, le scandale est banal, Mais rien ne nous touche dans ce monde digital Alors ces derniers temps j’avais plus trop le moral J’ai acheté l’intégral du catalogue vidal Story time ! Je reviens de la pharmacie, Je malaxe les cachets rose, mais ce n’est pas de la malacie Si ces médocs n'ont pas de goût, moi j'ai gardé le mien : J’ai choisi leur couleur, elle s'accorde avec mon fond de teint Un "essaie de ne pas rire" sortira demain Une série de Vlogmas pour l’automne prochain Et quand viendra le temps, de l'entonner Une chanson spéciale pour le million d'abonnés Sur le net, la fillette est inquiète Elle est la proie des obsédés sexués de la planète Il faut, qu’elle rentre dans le rang et soit mignonnette, Car ils voudraient des femmes qu'elles n’aient ni queue ni tête De pin-ups en pop-ups De make up en meet up Le streaming a remplacé les scuds dans les pickups Et puisqu’on tourne en rond J’vais creuser mon sillon, En faisant des vidéos de moi, regardant des vidéos de toi, Où tu regardes des vidéos de moi, regardant des vidéos de toi, De moi, de toi et de tous ceux qui sont seuls... Je veux tant vous montrer ma singularité Que je vous assomme de ma banalité Si vous voulez voir votre vie en monoscopie Soyez les bienvenus dans mon YTP Et puis il y a ce gros malin, Qui écrit une chanson, Se moquant du youtube game, C’est vraiment le roi des ….
4.
Face B 03:41
On dit qu’on porte sur son visage l’héritage de sa vie, Ses pleurs ses cris sa rage de vaincre de possibles ennemis De magnifiques traits de personnalité ainsi que Le poids du temps passé et celui des regrets Certains y ont inscrit l’amour, la beauté, le succès, Quand d’autres ont eu le privilège de pouvoir se payer Gommages de peau ou larges projets de décapage Ayant toujours pour but d'effacer leur ardoise ostentatoire Sache qu'un visage est une toile, que l’on peint chaque jour Et chaque trait y prend sa place, s’affirme et s'accentue Je ne sais comment certains y dessinent des qualités Malgré tous mes essais je ne trouve pas les bons pinceaux Je voudrais tant arborer un nouveau visage Changer de disque, de profil, de dessein et de face Un visage neuf, un visage beau, un visage bon Celui qui s'efface à chacune de mes actions Le flouter ne me servirait à rien Car je n’ai déjà pas l’air très net Et je peux bien me voiler la face J’avance à visage découvert Donne moi du temps pour le redessiner Comme un tableau je pourrai me surpasser Donne moi du temps pour le recomposer En face à face je te jouerai la Face B Chez moi la chirurgie ne serait pas qu'esthétique Il faudrait changer de peau, effacer quelques cicatrices Revoir l’inclination et certaines propensions, Changer l'angle du regard, aérer l’intérieur du crâne Y peindre une peau douce, une voix de rossignol Des yeux verts qui voient rose et un sourire affable Une joue tendue plutôt qu’une mâchoire serrée, ainsi qu'une Oreille sourde aux double-sens et qui ne siffle pas Le flouter ne me servirait à rien Car je n’ai déjà pas l’air très net Et je peux bien me voiler la face J’avance à visage découvert Donne moi du temps pour le redessiner Comme un tableau je pourrai me surpasser Donne moi du temps pour le recomposer En face à face je te jouerai la Face B Et s’il le faut pour faire peau neuve je pourrais y laisser Cette vieille peau à laquelle tous ces défauts sont collés Car à défaut d’une peau sensible je n’ai qu’une peau de chagrin Qu’il faudrait dérider pour avoir un visage humain Et toi qui es en vis-à-vis et qui me dévisages Avise et envisage de me dire sans enfantillages Le secret de ta vie et de ce beau visage Que tu assumes et portes au jour sans aucune forme de maquillage Le flouter ne me servirait à rien Car je n’ai déjà pas l’air très net Et je peux bien me voiler la face J’avance à visage découvert Donne moi du temps pour le redessiner Comme un tableau je pourrai me surpasser Donne moi du temps pour le recomposer En face à face je te jouerai la Face B
5.
Volatiles 04:25
Tous sont tombés de haut quand la première m'a largué Cela faisait que ma retenue lui pesait C'était une belle histoire, mais vouée à l'échec Elle était trop grande, trop belle, je n'étais qu'un jeune blanc-bec La deuxième ce fut bref, j'ai lâché prise en quelques semaines, J'avais beau m'accrocher, c'était une lutte quotidienne J'avais pourtant bien fait les choses, je l'avais dorlotée, Mais je ne sais pourquoi, je me suis vite lassé Il n’y a pas de mot pour moi Je suis faible, plutôt que fiable Je dis des choses que je regrette Me rend tôt ou tard méprisable Pourquoi sont-elles si volatiles ? Sont-elles si versatiles ? C’est devenu habituel, séparations incessantes L’idylle d’un matin, une rupture diligente Qu’elles lâchent du leste, que je largue les amarres Quand je les vois partir, leurs yeux à elles voient un tocard Elles s’envolent, à tire d’aile, virevoltent aux quatre vents, J’aimerais les retenir, mais elles fuient mon engagement Je les regarde partir, paralysé, inconséquent, Ces flottilles de promesses que je romps constamment Il n’y a pas de mot pour moi Je suis faible, plutôt que fiable Je dis des choses que je regrette Me rend tôt ou tard méprisable Pourquoi sont-elles si volatiles ? Mes paroles versatiles Petites tâches dans le ciel bleu, et nuages à l’horizon, Je ne regarde plus au loin de peur d’y déceler leur réprobation Mes oreilles sifflent et ces pépiements ci-haut, Ne peuvent plus cacher tous mes noms d’oiseaux Ces paroles en l'air me regardent de haut Ces paroles en l'air me laissent sur le carreau Mes promesses sont comme des passereaux, Quand j'essaie de les tenir elles s’envolent aussitôt Ces paroles en l'air me regardent de haut Ces paroles en l'air me laissent sur le carreau Mes promesses sont comme des passereaux, Elles s'entassent, me tracassent mais passeront bientôt
6.
L'étoffe 05:25
A chaque soldes, j’achète. Des frusques fantasques pour combler mes frasques, Et des vasques de Grasse pour emplir mes flasques Sur le Clair de Lune je traite A l'Ouest de Venise je laisse tomber le masque : Je me sens l'astre de cette fresque bergamasque. J’achète, du rabattu pour m'enorgueillir J’attends, le liquidé pour l'acquérir J’achète, de quoi me mettre en valeur à -50% Paiement comptant, ultime remède pour un esprit sénescent Dans ce monde, à l’aloi de marché et de jungle, Les articles bradés céans sont mon violon d'Ingres D’ordinaire assez pingre, je dépense plus que de coutume, Et je quitte mes fringues pour ces nouveaux costumes. Quatre à quatre j'ai tiré mon épingle du jeu En fidèle encarté, ma carte est couverte d’ecchymoses bleues La pléthore de rebuts collector jamais ne m’épate : Je jette la botte inadéquate, j'achète la bottine adéquate ! Moi j'excelle dans cette discipline de la chasse à l’idoine Délaissé, sacrifié, déniché par les amateurs amasseurs, Mais je voudrais savoir puisque l'habit ne fait pas le moine Pourquoi, pourquoi dites-vous que je n'ai aucune valeur ? Je n'ai peut-être pas l'étoffe d'un grand homme Je possède seulement des costumes à ma mesure, Ma vie se consume comme je consomme Contribuant chaque jour à faire grimper le mercure Je n'ai peut-être pas l'étoffe d'un grand Homme Je ne tiendrai qu’un rôle à ma mesure, Ma vie se résume à ce que je consomme Elle contribue chaque jour à faire grimper le mercure De l’époque moderne je suis le produit Ce consommateur vorace et consommé Mais je ne me perçois pourtant qu’au singulier : Pour toute hiérarchie il y a moi... Ensuite autrui La nature d’un fauve n’est pas de lâcher du lest A ceux qui viennent après, je ne laisse que les débris Je prends la part du lion, ils s'arracheront le reste Le premier arrivé est le premier servi ! S’ils veulent savoir pourquoi l’Homme court à sa perte Les redresseurs de torts manquent en fait d’à-propos : Ils disent souvent que mes emplettes m'ont fait perdre la tête Alors comment pourraient-ils m'en faire porter le chapeau ? Je n'ai peut-être pas l'étoffe d'un grand Homme J’ai oublié mes rêves de gloire posthume Ma vie se résume à ce que je consomme Et cet éphéméride est mon chef d’oeuvre anthume Je n'ai peut-être pas l'étoffe d'un grand homme Mais me sens pourtant étriqué dans ce costume, Ma vie se résume à ce que je consomme Et je sens chaque jour grandir mon amertume En retournant ma veste, j’ai finalement changé de vie, Revendu mes habits, soldé mon assurance-vie, J’ai cédé ma maison et ses meubles dérisoires, Mais j’ai investi la pierre et dors maintenant dans un manoir C’est une colocation, certes un peu spartiate Une cheminée en marbre, quelques sommiers sans lattes A longueur de journée nous refaisons le monde Et j’y vis bienheureux, quand mon esprit vagabonde Mais de fil en aiguille, ce soir je viens pour en découdre, Car j’ai passé mes nuits à faire parler la poudre Je n’ai plus de bonbons et n’attends plus Madeleine, Que pour la dévêtir de son joli bas de laine Je n'ai peut-être pas l'étoffe d'un grand homme Je ne m’enveloppe que de matières alcoloïdes Ma vie se consume à mesure que je consomme Chez moi le pot aux roses est éléphantoïde Je n'ai peut-être pas l'étoffe d'un grand Homme Je ne m’enveloppe que de matières alcoloïdes Ma vie se consume à mesure que je consomme Mais je ne suis plus traqué par les gouttes de ma clepsydre
7.
Riposte 03:37
Quand je me lève chaque matin c’est la même chose : Je bois mon café, chausse mes lunettes et relis ma prose Il y a celle pour la voisine que tout le monde appelle Angeline Et celle pour la fille en terrasse qui me reluque du coin de sa tasse Mais chaque matin c'est la même chose, je n'ose pas m'en approcher Je suis soudainement pris d'un doute de ce qu'elles pourraient me reprocher Alors j’ai appris à les esquiver, quitte à battre en retraite Je n’veux pas tomber nez à nez avec ces serpents à sornettes Y'a des choses qui portent mal leur nom Il faudrait revoir leur définition Intime avec elle, ils le sont tous Suis-je le seul qu’elle repousse ? Quand je sors c’est surréaliste Je polarise les feuilletonistes, Dans mon sillage y’a des commères qui s’agglomèrent, Une nuée d’harengères à la langue meurtrière Je tente bien de rester discret Furtif comme un agent secret Mais j’attire l’oeil comme un aimant, Un oeil au compas infamant Il capture mes mensurations En fait un sujet de dérision Échancre mes vêtements en haillons Et s'en sert pour me damer le pion Pas besoin d'aller à la plage Les mouettes rôdent dans mon voisinage ! Elles rient de moi, cinglent à propos Et ma répartie, elle, a le bec dans l'eau Y'a des choses qui portent mal leur nom Faudrait changer leur appellation La répartie en fait partie, À voir comme j'en suis départi Enclin à braconner un médoc pour enfin m'éduquer À rabattre le caquet à ces caquetteurs syndiqués J’voudrais un tic tac pour l’attaque, une tactique pour l'estoc Rétorquer du tac au tac, d’une caustique en stock Un choc traumatique qui te laisserait patraque Une estocade mythique qui te plaquerait en vrac Si t’as le temps de me tacler, toi l’As de la pique Ma réplique ton sur ton serait une claque chromatique Ne sois pas cardiaque mon petit extatique Ton cerveau mis à sac contracte mes zygomatiques Ne sois pas cardiaque ma petite extatique Je rapplique pour victoire par échancrure lobectomique Mais j'ai pas de médoc, moi, je suis à sec, Je suis aussi vivace qu'une tranche de vieux steak À chaque fois que quelqu'un me prend à parti Le temps que j'aie de la répartie, il est déjà reparti Mais j'ai pas de médoc, moi, je suis à sec, Je suis aussi vivace qu'une tranche de vieux steak À chaque fois que quelqu'un me prend à parti Le temps que j'aie de la répartie, il est déjà reparti
8.
Ce soir-là j'étais seul Accoudé au comptoir Parlant aux cacahuètes Écrasées sous le bar Descente en solitaire Dépression et des bières Toute forme d'éthanol Du fond de cale au col En passant cette porte Tu es entrée dans ma vie Quand quelqu’un danse carole On n’a d’yeux que pour lui Commencer à chantonner Si c’est le chant du Cygne, J’en serai la cigale Je trouverai les mots Te roucoulerai un Madrigal Je dois vous confesser, vous le dire sans ambages Je n’ai aucun mérite, ce n’est qu’un héritage Cette courte ritournelle que ma mère me chantait Lorsqu’au bon hydromel, le soir se ressourçait : « Toi qui es un peu court pour être un Apollon Pour captiver une femme tu devras lui faire don D'un verre de spiritueux pour faire briller ses yeux Et de vers spirituels pour qu’elle se sente belle » J’ai cette odeur de muse Qui émane de moi Elle inspire mon voisinage Le laisse toujours pantois On me le dit souvent : J'exhale la poésie Ce soir je suis très Distingué Un Baron et Demis Je reste assis là Planté sur mon tabouret Je prends racine, ombrage Et ma plume pour un sonnet Pendant que tu exposes Tes formes et tes attraits La ritournelle résonne Toujours du même couplet : « Toi qui es un peu vieux pour être Casanova Monopolise son ouïe et flatte son odorat Il faut l’hypnotiser ne la quitte pas des yeux A trop l’examiner tu dévoileras ton jeu » « Rassemble ton courage et tente de l'aborder Surtout prends bien soin de ne pas l'importuner Avance vers elle armé d’un sonnet ravageur Et avec l‘assurance d’un fougueux séducteur » Tu as su m’envoûter de lentes cabrioles Et du fort beau maintien dont tu as l’apanage. Je peine à dire les mots qui te rendraient hommage, Troublé par ces rubans qui cachent tes aréoles. Je viens te proposer repas et gaudriole, De longs moments en couple et un beau mariage Tu pourras continuer pour moi tes effeuillages Car tu es la seule muse, de cette barre, Carole Tu m’as tapé dans l’oeil, et pas qu'au figuré Au contact de ta peau, sa douceur m’a frappé C’est un vrai coup de foudre, et j’en ai le vertige ! Il semble que les videurs commencent à accourir Ne perdons pas de temps, pour pouvoir te chérir Produis ton numéro, ma déesse callipyge !
9.
Quand la charge est trop forte, Ils mettent les pieds dans le plat : C’est eux que l’on extorque, Qu’on met dans l'embarras Entre celle qui les a vu naitre Et celui qui les voit paître Leur choix n'est pas fixé Il vivent en garde alternée Quand grognent les parias Ils mettent les pieds dans le plat S’ils se sentent désavoués Ils tapent le plat du pied Devant leurs alpagas Ils restent draconiens Ils mettent les pieds dans le plat Le plat pays, qui était le sien. Dès lors qu'ils ont l'argent Ceux-là s’en vont au paradis Le paradis, fils Calés, cachés dans leur abri Ils contrefont les comtes Dans leur grande société Deviennent les magnats Du 5 à 7 pur-sang et de la pièce-montée Le registre de leurs actions Se borne à acheter et vendre, Pour une somme numéraire, Majorant les dividendes Par montages financiers Ils minorent et ignorent Leur rôle de métayer Pour nation tricolore Ils récoltent à plein temps Déménagent chaque mi temps Se plaignent du tiers payant Les trois-quarts de leur temps Avec cet agenda Malgré tous leurs efforts Les pauvres ne trouvent plus le temps De dépenser leur argent Si moi je mets les pieds dans le plat C’est que je veux prouver ma valeur Accordez-moi l’occasion De leur être supérieur : Donnez moi de l’argent, beaucoup ! Mettez-vous y à plusieurs Il faut s’organiser soigneusement Pour pouvoir faire sauter les compteurs Du blé, du fric, du flouze, des ronds, J’ai une voiture que je veux fort tunée D’la douille, d’la fraiche, du grizbi, du pèze Un escroc me fait chanter Du frusquin, du quibus, du sig Pour ma retraite longuement anticipée Quelque picaille ou même de la mitraille Je saurai m’en accommoder Et si le compte est bon C’est sûr, je vous le promet De n'pas fuir le pays Et sa fiscalité Je saurai profiter De cette aimable manne Sans vous abandonner, Je séjournerai à vos côtés Et pour vous remercier de votre aide Et conserver mon capital sympathique Je vous jetterai quelques piécettes Une fois de temps en temps
10.
L'usage d'une vie est un champ délicat, Au même diapason tous ne s'accordent pas En termes de dissonance l'humain est un expert, Il vit en permanence sous le joug de ses pairs. Si nos pères ont prévu un espace pour chacun, Dans toute société certains ne s’emboitent pas. Ils errent de place en place, attendent demain en vain, Et ne semblent sagaces qu’au jour de leur trépas. La démesure des uns nourrit en abondance La frustration des autres qui à leur tour présentent De pleines pages noircies de vaines doléances Qu’ils crient au pied des tours de qui les représente. Alors s’instaure un rite que nous connaissons bien, Où certains portent la voix de ceux qui n’ont plus rien : Ils sont sollicités, en tant qu’ambassadeurs, Mais ressortent corrompus par l’or des oppresseurs. A leur tour ils répètent les fameuses litanies, Qu’ils exécraient jadis alors simples soumis. Ils bâtissent leur tour d'une terne couleur, Celle qui a teint leur âme ainsi que leurs valeurs. Il ne faut pas longtemps à ceux qui sont floués Pour mettre au ban ceux-là qui furent leurs députés. De fort ressentiment en soulèvement social, Le contrat est rompu, la foule devient bestiale. Vient alors l’affrontement entre deux forces contraires, Se toisant un instant pour mieux armer leurs serres. Ils attendent fébrilement le faux pas de l'ennemi Pour épancher leur rage en se ruant sur lui. Quelle que soit la faction qui semble ouvrir le bal Les nouveaux partenaires font vite jeu égal, Car en bombant le torse ou en haussant le ton, Qui recourt à la force voit la loi du talion. Je voudrais tant que cesse cet affreux jeu de dupes Qui consiste à abattre, et vite substituer Ceux qui nous muselaient d’une manière abrupte Par d’autres qui fédèrent et complotent pour régner. Ils bâtiront leurs tours sur les cendres d’une autre Une tour de Babel plus vaste et bien plus haute Jusqu’à ce qu’à nouveau une voix discordante Vienne passer par le fer, cette caste régnante Insensible à nos maux, la Terre nous inspire : Comme ses révolutions, les nôtres sont légions Bien loin de se calmer ou de se contenir, Elle tourmente le Soleil, et l'Homme tourne en rond Va-t-on un jour contrer ce vilain tour céleste Et vivre enfin en paix pour le temps qu’il nous reste ? S'affranchir de nos maitres, rompre l'expectative Ne plus bâtir de tours barrant nos perspectives Chercher une vie simple, humble et sans prétention, S'attacher à bannir les souhaits imprécatoires Et puis construire un lieu, où mettre en détention, Ceux qui érigent des tours dominant la terre car, Que tourne la Terre ou que la Terre ne tourne Ce qui entoure la terre de ses ternes tours Vient tour à tour du fer croisé entre sourds Ou bien du ministère montrant ses fiers atours On a toujours affaire à tous ces vils vautours Qui nous mènent à la guerre au rythme des tambours Et tous ces dignitaires qui ne donnent en retour Que travail subalterne et titre de séjour L’usage d’une vie est un chant délicat, Il est assez fréquent d’en tirer quelque aria Que ton oeuvre soit simple, fortement recherchée, Qu’elle succède à ses pairs, ou soit improvisée, Ne perds donc pas de temps en tergiversations : Attèle-toi à présent à sa composition. Car du chant de ta vie, si tu ne t’impliques pas Certains en écriront la partition pour toi

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released March 24, 2019

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